Sleight Of Mouth : changer les croyances par la magie verbale

Sleight Of Mouth - Changer les croyances

Un jour, Sigmund Freud a dit : “Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. Avec des mots, un homme peut rendre son semblable heureux ou le pousser au désespoir, et c’est avec les mots que le maître transmet son savoir à ses élèves, qu’un orateur entraîne ses auditeurs et détermine leurs jugements et décisions.”

La magie des mots est réelle ! 

Les mots que nous prononçons sont les symboles de notre expérience mentale.

Il existe deux niveaux d’expérience : 

– Expérience primaire : L’information est reçue à travers nos sens.

– Expérience secondaire : Carte verbale et symbolique que nous créons pour représenter et organiser nos expériences primaires.

Cependant, les expériences secondaires sont sujettes à omission, généralisation et distorsion.

En fonction de nos expériences, nos croyances, nos valeurs, nous généralisons, omettons et distordons la réalité.

Exemple : Lorsqu’elle était petite, Emma était critiquée par ses camarades : “Tu es moche ! Tu es moche !”

Ces brimades se sont ancrées dans son esprit, et en grandissant, elle a fini par développer une croyance : Être moche.

Elle a généralisé cette critique pour en faire une croyance limitante.  Désormais, lorsqu’un homme s’approche de Emma, elle pense forcément qu’il se moque d’elle.

“Sleight Of Mouth” est un ouvrage de Robert Dilts (en Anglais). Grâce à la magie conversationnelle, il est possible de modifier SES croyances comme celle de nos semblables.

Aujourd’hui, nous nous pencherons sur les différentes techniques de recadrage.

 1) Le recadrage “MÊME SI”

Si je vous dis :

– Il va faire beau aujourd’hui MAIS demain il pleut.

– Il va faire beau aujourd’hui ET demain il pleut.

– Il va faire beau aujourd’hui MÊME SI demain il pleut.

Quel effet cela produit ? 

 

“MAIS” occulte complètement la première partie de la phrase.

“Je suis heureux aujourd’hui MAIS je sais que demain c’est terminé.

NOIR BLANC

ET” rend équitable les deux éléments de la phrase.

“Je suis heureux aujourd’hui ET je sais que demain c’est terminé.

NOIR ET BLANC

“MÊME SI” met en avant la première partie de la phrase et occulte la seconde.

Je suis heureux aujourd’hui MÊME SI je sais que demain c’est terminé.

BLANC NOIR

Exercice :

A) Identifiez une situation dans laquelle une expérience positive est réduite par le mot “mais”

B) Remplacez le mot “mais” par le mot “même si”

Astuce ! La première idée doit être puissante, plus elle l’est, plus elle effacera la seconde idée “négative”. 

2) Le recadrage : Changer sa taille

L’exemple d’Emma, ci-dessus, représente bien ce qu’est un cadrage. Elle est enfermée dans SA réalité -la laideur- comment peut-on l’aider ?

En recadrant cette réalité ! 

Le recadrage implique d’aider les gens à réinterpréter leur problème et trouver des solutions en changeant le cadre du problème qu’ils perçoivent.

PETIT FISH

Petit cadre

MOYEN FISH

Cadre moyen 

GRAND FISH

Grand cadre 

Les gens finissent souvent comme le petit ou le moyen poisson.

En recadrant, nous pouvons voir la plus grosse image, avec plus d’actions, plus de choix.

Comment changer la taille d’un cadre ? 

Nous pouvons imaginer le cadre comme l’effet zoom sur un appareil photo. L’objectif est de “dézoomer” au maximum.

Exemple : Imaginons une jeune femme terriblement inquiète à l’idée d’accoucher de son premier enfant. 

DEZOOM ! 

– Recadrer cet événement à l’échelle de la vie : “L’accouchement n’est qu’une partie infime en comparaison de toute la vie… ”

– Recadrer cet événement à l’échelle des autres femmes : “Toutes les femmes sont passées par là, tu dois être forte, tout comme elles…”

– Recadrer cet événement à l’échelle de l’avenir : “L’avenir va être radieux avec ton fils MÊME SI cette étape va être difficile.” (Petite utilisation du “Même si”, pour le fun !) 

Exercice :

A) Pensez à une situation que vous jugez difficile, douloureuse, déprimante.

B) Changez la taille du cadre (recadrez) en élargissant à l’échelle de la vie, du temps, d’autres événements…

C) Que se passerait-il si vous réussissiez à passer outre cette situation ?

D) Utilisez le cadre “Comme si” (tout nouveau, oui) en remplaçant “la situation en vous imaginant “COMME SI” la situation était résolue.

À la fin de cet article, je veux que vous soyez armé jusqu’aux dents et prêt(e) à recadrer la réalité de n’importe qui, y compris la vôtre.

Selon la PNL, tout problème peut être perçu comme un challenge, une opportunité de changer, grandir, apprendre.

Tout problème présuppose un désir de résultat.

N’oubliez-pas cette donnée importante. Derrière tout problème = Un résultat.

Recadrons d’avantage notre réalité grâce à 3 autres recadrages verbaux. 

reframing2

 

1) Le recadrage de contexte

Le recadrage de contexte :

Fait qu’une situation particulière, un comportement particulier a une implication et des conséquences différentes en fonction du contexte cela se passe .

Exemple : Sam est un jeune garçon de 12 ans, sa maman est inquiète car son fils se bagarre souvent avec ses camarades. Elle a tout essayé : Les punitions, les séances chez le psy…

Un simple recadrage de contexte a pu désamorcer la situation. 

“Sam, en y réfléchissant bien, je suis soulagée. N’est-il pas agréable de savoir que son fils pourra défendre sa petite sœur à l’école ?” 

Avoir son propre comportement validé dans un contexte particulier permet au fils de voir son comportement d’un autre point de vue, au lieu d’être sur la défensive.

Une réponse négative à ce comportement n’aurait qu’aggravé le problème et fermé le dialogue.

La prochaine étape pour la maman et son fils sera d’établir les avantages liés au comportement de l’enfant dans des perspectives différentes (autre part qu’à l’école) et de trouver des substituts.

Exemple 2 : La pluie.

Dans le contexte d’un mariage = Contexte négatif.

Dans le contexte de la sécheresse = Contexte positif.

Quoiqu’en recadrant le contenu (voir ci-dessous) le mariage pluvieux est vu comme un mariage heureux !

Exercice :

A) Identifier un problème dans un contexte particulier.

B) Relativiser le problème en le prenant dans un contexte particulier.

2) Le recadrage de contenu

Le recadrage de contenu : 

Consiste à explorer l’intention derrière le comportement extérieur d’une personne. Recadrer le contenu revient à déterminer l’intention positive dans un contenu.

4587390020_380x267

Exemple :  Un jeune se plaint que son père rejette toutes ses propositions sur ses plans futurs. 

Il consulte un praticien en PNL qui lui fait cette déclaration : “‘N’est-ce pas génial d’avoir un père qui essaie de te protéger d’être mal ou déçu de quelque façon que ce soit ?”

Recadrer le contenu a mis en lumière l’intention positive du père, éloignant les croyances limitantes du fils. Efficace non ?

Exemple 2 :  Nathalie a un problème de surpoids. Sa famille ne cesse de lui répéter qu’elle mange trop. 

Point de vue de Nathalie : Sa famille ne la supporte pas dans cet état de surpoids.

Point de vue de la famille : Les membres souhaitent que Nathalie se sorte de ce problème.

Nathalie voit les reproches. La famille visualise l’intention positive derrière leur discours.

Exercice :

A) Identifier une situation où l’on vous a fait un reproche.

B) Identifier l’intention positive derrière le reproche.

C) Utiliser le “Si j’ai bien compris…”

“Si j’ai bien compris, tu me reproches de fumer car tu aimerais que je sois en meilleur forme et évite un cancer ?” 

 Conseil ! Ne vous braquez-pas lorsque quelqu’un vous fait un “reproche”. Efforcez-vous de trouver l’intention positive derrière tout cela. Si une personne vous fait une réflexion dans le but de vous rabaisser. Souriez. Vous avez cerné son petit jeu… 

3) Le recadrage de la critique

Le recadrage de la critique :

Consiste à explorer des solutions derrière une généralisation négative. La difficulté vient du fait que la personne visualise le problème dans un cadre négatif.

On ne peut être que D’ACCORD ou PAS D’ACCORD. Ce sont des jugements négatifs qui fonctionnent dans un cadre de problème.

Exemple : 

 “J’ai peur de l’échec.” Une généralisation négative ancrée.

Exemple 2 :

“Cette proposition est trop chère.” Comment contrer cette critique fermée ?

Si l’on observe bien, ces généralisations sont linguistiquement déclarées dans un cadre négatif.

“J’ai peur de l’échec” peut alors devenir “J’ai envie de réussir.”

“Cette proposition est trop chère.” se transforme en “J’aimerais que cela soit plus abordable.” 

Certes, la peur, la frustration existent toujours, mais elles sont mises en second plan.

Miracle ! Pour ce recadrage, l’idée est également de déterminer l’intention positive.

Comme dans ce petit tableau : 

Sans titre 1

Exercice :

A) Déterminez les déclarations négatives dans le discours d’un interlocuteur

B) Retirez-en les intentions positives (les souhaits)

C) Reformulez positivement

Pour aller plus loin :

Tourner la critique, la généralisation négative en question.

“Cela demande beaucoup d’efforts.” devient “Comment rendre cela plus simple, plus facile à mettre en action ?”

“J’ai peur de l’échec.” devient “Comment mettre en avant ton désir de réussir ?” 

“C’est irréalisable.” devient “Comment rendre ce projet concret et accessible ?” 

À noter :  Toutes les questions sont déterminées par “Comment”.Dire “Pourquoi” présupposerait un problème. “Comment” est tourné solution. 

D) Utiliser le “Comment question”.

Cela permettra à votre interlocuteur de répondre de lui-même à ses limites.

N’hésitez-pas à me faire part de vos commentaires, juste en dessous !

À très vite,

Philippe

Sleight Of Mouth : changer les croyances par la magie verbale
Partager: